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1er août 1998

 

Belogradtchik

 

Aéroport de Roissy, comme d'habitude. Décollage à dix heures quinze, avec juste un retard de quinze minutes. Dès le départ, l'hôtesse annonce la couleur : "En raison d'une grève d'une certaine catégorie de personnel, les repas seront servis froids". Toujours cette même impression désagréable avec Air France d'être retombé en enfance pour être puni d'une bêtise que l'on ignore même avoir commise.

 

Deux heures et demies plus tard, nous atterrissons à Sofia. De nombreux avions de la Balkan Airline sont à demi démantelés en bordure des pistes ; je suppose que leurs pièces ont été utilisées pour remettre en état d'autres avions. Les formalités douanières sont réduites au minimum et il est à peine quatorze heures (locales) lorsque nous faisons connaissance avec notre guide . Nous changeons un peu d'argent à l'aéroport. Le lev est indexé sur le mark allemand, au taux de 1 pour 1000. Avec trois cents francs, nous obtenons donc près de 90.000 leva ! Les billets reprennent les valeurs de ceux du jeu de Monopoly, de 100 à 50.000, ce qui fait une amplitude considérable. Les pièces existent, la plus forte valant 50 leva, soit quinze centimes ; aussi pourrons-nous nous permettre de les laisser généreusement à titre de pourboire...

 

Nous embarquons aussitôt dans un minibus Mercedes, un peu ancien mais très bien entretenu, piloté par Svetan. Nous nous dirigeons vers le nord en traversant les faubourgs de Sofia. De nombreuses boutiques minuscules jalonnent la route avant que nous n'entrions en banlieue. Celle-ci n'est constituée que d'une succession de grands blocs d'immeubles alignés, en béton galeux, tous identiques à l'exception des gigantesques numéros, hauts de trois étages, peints sur leurs flancs.

 

Nous roulons très doucement, il faudra plus de quatre heures pour arriver jusqu'à Belogradtchik, à deux cents kilomètres de Sofia. Pourtant la route est relativement bonne, mais tous les véhicules circulent lentement. L'agriculture semble très développée, les jardins sont omniprésents, même les cours d'immeubles ont troqué leurs parterres de gazon pour des plants de tomates ou de haricots. Au pied de chaque immeuble, on peut voir des tas de bois à brûler. Nous faisons une halte dans un café au bord de la route pour nous désaltérer, car il fait très chaud. Des fleurs que nous ne parvenons pas à identifier sèchent à même le sol. Le prix des boissons est dérisoire. Les bières sont en bouteilles de 50 cl.

Nous reprenons la route pour arriver peu avant l'heure du dîner à notre but. L'hôtel possède un charme désuet et vieillot. Les couettes sur les lits sont constituées d'un drap cousu possédant une ouverture centrale circulaire qui laisse apparaître le motif d'edelweiss qui orne la couverture située à l'intérieur. Quelques cafards circulent sur le sol. La plomberie de la salle de bains semble vétuste, mais fonctionne. Il n'y a pas de cabine de douche, seulement une pomme au plafond et un trou dans le sol pour l'évacuation, entre le lavabo et la cuvette de WC.

Le dîner est agréable, en terrasse face au superbe paysage, et copieux. Nous apprécions pour la première fois la principale spécialité : la salade de concombres et tomates avec du fromage, nous poursuivons par une viande et des frites et le dessert est une glace au parfum indéterminé (mais chimique !). On nous offre même du "champagne" local ; mais ce n'est pas une réussite ! Notre première nuit bulgare est calme.

 

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