11 octobre 1997

Nous partons tôt vers la frontière du Botswana. Au passage, nous nous offrons un dernier petit safari namibien dans la réserve de Mahengo. Nous voyons quelques herbivores, mais surtout nous prenons prétexte d'un ensablement (volontaire ?) du camion pour en descendre et faire une marche (la première dans une réserve !) le long du fleuve Okavango. Nous y voyons quelques crocodiles et hippopotames. L'un d'eux est très près de nous. Il est vraiment impressionnant, énorme, un véritable tonneau sur pattes, avec un regard méchant. Nous rebroussons chemin prudemment et nous croisons un éléphant à la peau beaucoup plus sombre que celle des éléphants d'Etosha. A notre retour au camion, Zundi a fini de creuser derrière les roues et nous repartons, non sans que notre plaisantin d'australien n'ait demandé aux plus naïfs du groupe de bien vouloir pousser les seize tonnes du camion afin de l'aider à repartir, ce qu'ils firent. Ils en tirèrent la fierté de nous avoir sauvé d'une mort certaine dans cet endroit inhospitalier...

La frontière du Botswana se passe sans problème. Etrangement, aucun drapeau du Botswana ne se voit au poste frontière, ce qui nous change de la très nationaliste Namibie qui affichait partout ses couleurs, sa devise et son blason ! La douanière est très sympathique et souriante, elle appose son visa avec soin et nous rend nos passeports avec un mot de bienvenue en français. De tous les pays où j'ai pu aller, c'est le meilleur accueil que j'ai jamais reçu. Il est vrai que bien souvent le premier contact que l'on a avec un pays se fait avec un individu grossier, peu aimable qui vous dit des choses dans une langue inconnue avant de vous jeter votre passeport à la figure après l'avoir maculé d'une empreinte d'encre baveuse. Là, au contraire, le premier a priori concernant le pays est beaucoup plus favorable, et donnerait envie d'y revenir rien que pour ce souriant accueil douanier !

Comme en Namibie, nous voyons beaucoup de villages avant de passer après quelques kilomètres la "Ligne Rouge". Au-delà, plus rien ou presque. De loin en loin, voire très loin quelques cases avec des moutons, des vaches ou plus fréquemment des ânes. Peut-être les mangent-ils? La route est bonne, bien revêtue, mais un peu étroite. Parfois nous traversons des agglomérations comme Tsau, Sehitwa ou Toteng, signalées sur la carte, ainsi que par un panneau routier, mais on ne voit que quelques cases et un peu de bétail comme ailleurs.

Après avoir roulé pendant plus de cinq heures dans ce paysage monotone et parcouru quelque trois cents kilomètres le nez dans le vent des soixante kilomètres à l'heure du camion, nous arrivons fourbus à Maun.

Cette ville est très étendue, composée de cases rondes couvertes de chaumes, certaines ont leurs murs faits de parpaings, voire de canettes métalliques ! D'autres maisons sont rectangulaires, mais toujours très petites. Quelques magasins et immeubles d'aspect très occidentaux marquent le centre ville. Nous poursuivons sans nous arrêter jusqu'à l'Okavango River Lodge où nous campons. Nous explorons un peu les environs à la recherche d'eau en bouteille à un prix plus abordable qu'au camping. La seule boutique africaine que nous trouvons dans ce faubourg de Maun ne vend que des boissons alcoolisées. Nous finissons par acheter nos bouteilles dans un autre camping à un prix à peine inférieur ! Au bar du camping, nous rencontrons beaucoup de sud-africains, touristes ou en "voyage d'affaires" : organisateurs de safari, pilote d'avions survolant le delta... L'un d'eux nous apprend une intéressante façon de jouer aux fléchettes que nous ne connaissions pas. La ravissante barmaid sert des cocktails colorés à base de marula aux noms évocateurs : black mamba, okavango mud... et même "green eyes blonde" !

 

Jour suivant

Sommaire

Jour précédent