2 octobre 1997

 "On the road again, again !". Encore sur les routes et pistes poussiéreuses de Namibie, toujours bordées de clôtures par-delà lesquelles on aperçoit parfois des gazelles, impalas et autres gnous, mais le plus souvent des moutons ou des chèvres. Nous faisons un brève halte dans le village au nom biblique de Béthanie. Nous y faisons quelques courses. J'y achète un short, le mien ayant cédé lors de la remontée du canyon. J'ai l'impression que l'air très chaud et très sec fragilise les tissus. Il y a un petit supermarché, en tout point identique à ceux que l'on trouve dans n'importe quelle petite ville européenne. La mercerie où j'ai acheté mon short, tenue par deux fortes femmes blondes n'aurait pas été déplacée dans une petite ville de Bavière. Rien n'évoque l'Afrique, pas de marché exubérant et coloré comme je l'imaginais. J'ai l'impression d'être en Australie ou dans l'ouest américain tranquille, comme "Paris, Texas", par exemple. Nous rencontrons les premiers "quémandeurs"; pas vraiment des mendiants, mais des noirs très volubiles qui s'attachent à nos pas. Que veulent-ils au juste ? Difficile à savoir faute d'un langage commun. Aucune agressivité ne perce, l'un d'eux parle d'adresse, tient à nous donner la sienne. Les autres africains qui assistent à la scène rient et nous indiquent par gestes que notre homme est ivre. Nous repartons sans en savoir plus.

Ce n'est qu'en fin de journée que nous finissons par atteindre notre but : Duwisib. C'est un château, ou plus exactement une grande maison avec des défenses (créneaux, meurtrières), bâtie autour d'un agréable patio central, fleuri par de superbes jacarandas. A l'exception de la pierre rouge extraite sur place, tout vient d'Europe : décoration intérieure, mobilier... Mais le malheureux baron Von Wolf à l'initiative de cette folie au cœur du désert, n'en profitera guère. Dès la fin des travaux, il est mobilisé et ne tarde pas à finir ses jours en 1915 quelque part du côté de la Marne ou de Verdun. Depuis, le château est devenu propriété nationale, et piège à touriste. Nous campons à proximité immédiate du château. Malgré l'éloignement (le village le plus proche est à soixante-quinze kilomètres) le camping dispose de tout le confort. Nous y voyons un petit scorpion avant d'aller dormir.

 

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